Savoie. Alliance LR-RN : « C’est une impasse » selon Michel Barnier

Savoie.  Alliance LR-RN : "C'est une impasse" selon Michel Barnier

Entretien téléphonique avec Michel Barnier, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, ancien négociateur en chef pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, le Dauphiné ce mardi après-midi.

« Il ne faut pas sacrifier l’avenir pour un présent électoral »

Que dites-vous aux élus et militants des Républicains en Savoie ?

« Je leur dis que la position d’Eric Ciotti a été prise seul, sans aucune concertation. Ce matin j’étais au siège des Républicains, il n’y a pas eu de réunion. Une décision aussi grave ne peut être prise par personne seul, pas même par le président du parti. Cela va à l’encontre des intérêts du parti. Aucun accord n’est possible avec un parti pro-russe et anti-européen. Tout le monde constate que le pouvoir actuel a perdu la confiance du peuple. Nous devons trouver une nouvelle voie, et certainement pas une alliance avec l’extrême droite. »

Que diriez-vous aux Républicains qui pourraient être tentés de suivre Eric Ciotti ?

«C’est une impasse. Un parti populiste et anti-européen ne peut que provoquer, comme au Royaume-Uni, un revers pour notre pays avec un Frexit. »

Les élus LR en Savoie seraient-ils tentés de suivre Ciotti ?

« Je n’y crois pas. Un homme d’État que je respectais beaucoup, Pierre Mendès France, disait qu’il ne fallait jamais sacrifier l’avenir pour le présent. Je pense qu’il ne fallait pas sacrifier l’avenir pour un présent électoral. »

Michel Barnier Photo Grégory Yetchmeniza

Une troisième voie est possible

Michel Barnier, ancien ministre, homme politique savoyard

« Les républicains ne peuvent pas se tromper de remède. Jamais, au grand jamais, une alliance ou un accord avec un parti populiste et anti-européen ne sera la solution. Une troisième voie est possible, celle de la responsabilité, de l’ordre et du progrès. Je participerai bien évidemment à cette rencontre de la droite, du centre et de tous ceux qui sont attachés à une « certaine idée » de la France. »

« Éric Ciotti lui-même a perdu la légitimité pour parler au nom de notre famille »

« J’ai une certaine idée de mon pays, c’était celui du général De Gaulle auquel je suis resté fidèle. Ce n’est pas l’idée défendue par Éric Ciotti.

Je pense qu’il existe une autre ligne, une autre voie, qui est celle de la responsabilité, de l’ordre, du progrès social, certainement pas une ligne d’accord avec un parti populiste et anti-européen. [Éric Ciotti] il a perdu la légitimité de parler au nom de notre famille, comme il parlait en son propre nom. »


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