JO 2030. Hervé Gaymard : « Je demande que Val d’Isère soit réinscrite dans le plan du site »

JO 2030. Hervé Gaymard : « Je demande que Val d'Isère soit réinscrite dans le plan du site »

Dans son discours prononcé à l’occasion du projet initial de budget, Hervé Gaymard, président du conseil départemental de la Savoie, a publiquement exprimé son soutien à Val d’Isère, rappelant que sans l’Olympique Savoie et ses 92 installations (piste de bosb et tremplins de saut à ski ), les Alpes françaises ne seraient pas désignées pour 2030.

Nous ne l’avions pas encore entendu publiquement sur le sujet. Nous l’avons rencontré à Albertville vendredi 1er décembre 2023 lors de la soirée de célébration organisée par Laurent Wauquiez, président de la région AURA, après que la candidature française soit restée seule dans la course au dialogue avec le CIO.

A la tribune de la Halle olympique, Hervé Gaymard a rappelé le rôle important du patrimoine d’Albertville dans cette désignation pour 2030. Il a donné une couche, vendredi 15 décembre, lors de l’examen du premier projet de budget 2024. Dans son discours, après ayant déploré « la fin du Conseil de Savoie Mont-Blanc, tel que nous l’avons connu et dirigé – la coopération interministérielle se limite désormais à la seule lecture publique -, au moment même où vient d’être retenue la candidature des Alpes Françaises, le 29 novembre, par le Comité International Olympique pour l’organisation des Jeux d’hiver de 2030, dans le cadre d’un « dialogue ciblé » exclusif. Cette candidature est véritablement significative pour la destination Savoie Mont-Blanc puisque la quasi-totalité des événements sur neige aura lieu dans nos deux départements.

« Il n’y aurait pas de Jeux olympiques ni de JO 2030 en France sans la Savoie… »

Soulignant que « la Savoie a soutenu cette candidature, car sa marque de fabrique était la réutilisation maximale du matériel olympique existant… Cet événement est porteur d’un grand espoir pour l’ensemble des Alpes françaises, et en particulier pour la Savoie… » L’élu savoyard a tenu à partager trois réflexions importantes.

« Sans faire preuve d’un « chauvinisme départemental » qui, comme vous le savez, ne me plaît pas, il n’y aurait pas de JOP en 2030 en France, sans la Savoie. Tout simplement parce que nous disposons des deux équipements les plus chers et les moins faciles à réutiliser : la piste de bobsleigh à La Plagne et le tremplin de saut à ski du Praz de Saint-Bon à Courchevel. Les économies réalisées s’élèvent à 56 millions d’euros pour la piste de bobsleigh et à 32 millions d’euros pour les trampolines, ce qui correspond aux coûts de construction initiaux.

A quoi il faut ajouter trente années d’entretien et de mise aux normes, entreprises par le Conseil général, les collectivités et l’État, soit 16 millions pour la piste de bobsleigh et 30 millions pour les trampolines, pour un total de plus de 130 millions d’euros.

« Ma deuxième conviction est que Val d’Isère n’est tout simplement pas à exclure »

Ma deuxième conviction est qu’il n’est tout simplement pas possible d’exclure Val d’Isère, l’une des plus grandes capitales mondiales du ski, de cet événement sportif majeur. Dans le sillage de Jean-Claude Killy et des polémiques qu’il a développées tant avec le CIO qu’avec les partisans français de la candidature, je demande donc que Val d’Isère soit réinscrite dans le plan du site. C’est possible, comme ce fut le cas pour Les Menuires en 1992. »

En développant cet argument, Hervé Gaymard rejoint sa position initiale de « mettre » Val d’Isère sur la carte des Jeux, position partagée dès le début par Vincent Rolland, député de Savoie, et Gilles Chabert, « Monsieur montagne » de Laurent Wauquiez.

« Pour organiser des Jeux durables, il faut un territoire durable »

Enfin, l’élu savoyard a confié que sa troisième conviction « est que pour organiser des Jeux durables, il faut un territoire durable. Les Jeux doivent être un accélérateur de transitions. Je pense évidemment d’abord aux accès ferroviaires, de Saint-André le Gaz à Annecy, en passant par Chambéry et Aix-les-Bains, jusqu’à la Combe de Savoie et la Tarentaise, et aux accès routiers, qui devront se transformer rapidement et renforcer leurs capacités et leur résilience face aux risques naturels. Je réfléchis également au renforcement de nos capacités hospitalières.

Je pense aussi aux remontées mécaniques de la Vallée, et cette liste est loin d’être exhaustive… » avant de conclure sur le sujet par un message au préfet et à l’Etat. « Il me semble donc essentiel, Monsieur le Préfet, qu’au niveau départemental et en cohérence avec la future COJOP et le futur Préfet délégué à la JOP, nous mettions immédiatement en place un groupe de travail pour faire le point sur nos besoins et nos propositions. Par ailleurs, comme pour les jeux d’Albertville, des mesures législatives seront sans doute nécessaires, d’une part pour respecter les délais, et d’autre part pour adapter sans doute la loi montagne. »


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