Biathlon. Mondiaux au Grand-Bornand, c’est possible ?

Biathlon.  Mondiaux au Grand-Bornand, c'est possible ?

Après avoir accueilli pour la cinquième fois une étape de la Coupe du monde, une candidature pour l’organisation des championnats du monde au Grand-Bornand bourgeonne dans la tête des décideurs haut-savoyards. Si tout n’est pas si simple, les Bleus en rêvent.

Après neuf ans et cinq éditions, le Grand-Bo a plus que fait ses preuves. « Seuls les Tchèques l’ont à Nove Mesto, avec autant de monde sur le bord de la piste », documente le Haut-Savoyard Antonin Guigonnat. Mais ce n’est pas le vrai problème. Car les Championnats du monde, qui se déroulent chaque hiver, hors années olympiques, sont historiquement installés au cœur du mois de février. A l’heure où le Grand-Bornand est déjà plein grâce à son activité touristique. Et aujourd’hui c’est plus le Département de la Haute-Savoie, qui ouvrira déjà ses portes aux Championnats du monde de cyclisme en 2027, que le Grand-Bornand lui-même qui pousse à inviter le biathlon sur 15 jours.

Moe : « Les meilleurs supporters de la saison »

Des problèmes qui ne sont pas ceux des sportifs qui prennent le coup de kiff à chaque pas dans les terres de Bornandine. « Ce sont les meilleurs supporters de la saison de Coupe du monde », claque le Norvégien Johannes Boe, qui adore martyriser les Bleus à domicile. Il apparaîtrait également, après une montée en puissance régulière pour la station haut-savoyarde qui débute son histoire d’organisateur de stands de tir avec les Championnats d’Europe (1995), la finale de la Coupe IBU (2011) avant une première Coupe du monde (2013). « Jusque-là, je pense que l’IBU a toujours choisi des sites classiques comme Oberhof, Ruhpolding ou Antholz, donc ce serait une suite logique d’avoir ces Coupes du monde, estime Simon Desthieux, double médaillé olympique. Les sportifs aiment venir ici car c’est un cadre atypique, avec une ambiance sympa, c’est très prisé. Cela n’arrivera peut-être pas à la première application, mais c’est dans l’ordre des choses. J’imagine qu’on a une bonne cote avec l’IBU la fédération internationale, ndlr). »

Fourcade : « C’est tout un village qui a besoin d’investir »

Après celles d’Oberhof (2023), Nove Mesto (2024), Lenzerheide (2025) et Otepää (2027), les prochaines dates à pourvoir (2028 et 2029) seront attribuées en septembre 2024 lors du congrès IBU. « Evidemment on se dit qu’une étape comme celle-ci aurait sa place, quand on regarde les dernières candidatures pour les championnats du monde, note Martin Fourcade qui, en son temps, avait soutenu de tout son poids pour l’organisation d’une première Coupe du monde. en France. Je trouve qu’aujourd’hui aussi bien le village que le sport et le public sont matures. Même si c’est un sujet qui doit aussi être porté par les sportifs, la région et le département, c’est tout un pays qui doit s’investir, donc c’est une concertation qui doit avoir lieu entre décideurs. »

Pour les athlètes, il a déjà tout vu. «Ce serait fou», s’enthousiasme la Bornandine Sophie Chauveau, révélation du week-end. « Avez-vous entendu le bruit qu’ils font ? J’avais l’impression d’être au Vélodrome. Le biathlon français mérite d’avoir la Coupe du monde à domicile. On a un super public, une super équipe, le biathlon a un public fou. Ce serait vraiment génial si nous avions cette opportunité un jour. Vous devez pousser pour cela. » Pour Guigonnat (31 ans), 2028 ou plus tard, ce sera trop loin : « Ce serait super de les avoir. Je ne sais pas si je serai un orateur, un commentateur, un journaliste ou le type qui balaie le couloir, mais je serai là », rigole-t-il. Pour l’instant ce n’est qu’un rêve.


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